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Les idées extrémistes sont souvent encombrantes et problématiques. Et la vie quotidienne ne nous offre apparemment, au sujet de notre destinée, que deux directions opposées; celle d’un déterminisme absolu et celle d’un non-déterminisme radical. Ces deux grandes tendances se heurtent continuellement et il faut admettre qu’il ne peut en être autrement.

D’un côté, nous sommes rigoureusement et intégralement dépendant de notre environnement; de l’autre, nous pouvons, à tout moment et si notre propre désir nous y pousse, agir comme bon nous semble. D’un côté nos choix sont prédéfinis, de l’autre, ils surgissent et naissent spontanément.

Ces deux propositions offrent un même avantage : celui de la simplicité. Une explication plus détaillée demande des nuances, un esprit de relativisation pas toujours facile à développer. De plus, la relativisation ou la nuance des choses est toujours source de nouvelles questions. Tout ce système d’investigation est lourd, dense et encombrant. C’est pourquoi nous l’évitons soigneusement.

Il est le fondement des incertitudes et dilemmes dont notre esprit aime à ne pas s’embarrasser. Nous lui préférons la simplification, qui elle, pose le problème de la limitation. Car elle a le défaut de ne jamais rendre compte de l’intégralité.

Si un déterminisme absolu existe, cela ne peut l’être que sur le papier. Et même cette éventualité est discutable.

Ce postulât expose une réalité à laquelle nous ne sommes pas confrontés, ou plutôt à laquelle les limites de nos sens et de notre intelligence ne nous permettent pas d’accéder. Nous ne pourrons jamais intégrer toutes les données qui sont à la source de la destinée. Si tant est que la destinée peut être conçue et analysée comme une particulièrement rude équation, les paramètres utilisés ne sont pas encore tous dénombrés. Et il y a de fortes chances pour qu’ils ne le soient jamais.

Cependant, plus les recherches scientifiques progressent, plus certains de ces paramètres sont mis en évidence. De sorte que la part du pur hasard est appelée à constamment diminuer au profit de la part du déterminisme.

Dans l’autre sens, les termes utilisés précédemment « agir » et « naître spontanément » suggèrent l’existence d’un point zéro absolu. Ils donnent à penser qu’il est possible de partir de rien pour créer quelque chose. Transposés en mathématiques, ils conduisent à l’impossible division par zéro. Un nombre ne peut être divisé par zéro. Cette formulation du non déterminisme est donc incohérente. Sous prétexte de ne pas connaître les causes d’un événement, elle en nie l’existence. Or, tout phénomène a une cause, connue ou non. Le non-déterminisme radical n’existe pas, même sur le papier.

A mi-chemin entre ces deux opposés existe ce que l’on pourrait nommer la « variable déterminisme ». Il s’agit d’un facteur dont nous connaissons l’existence mais dont nous sommes encore incapable d’apprécier l’importance.

Un certain déterminisme intervient dans la destinée humaine. Et il semble probable qu’il soit en relation avec des événements microscopiques et/ou macroscopiques. Mais son amplitude, et a fortiori ses principes et lois, reste incertaine et non mesurable.

Nous ne pouvons pourtant dire qu’il est incalculable, puisque que c’est justement l’objet des probabilités mathématiques. En mathématique, lorsque nous établissons un résultât en utilisant des probabilités, nous estimons que ce résultât est bel et bien déterminé.

En d’autres termes, si un quelconque déterminisme existe, il ne peut être apprécié que par des probabilités. De sorte que l’astrologie, fondée sur ce principe de déterminisme, ne peut être concevable que comme un ensemble de probabilités.

Ce qui, concernant son ambition (qui doit rester mesurée !), lui décerne une troublante réalité et véracité mathématique.

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